jeudi 2 novembre 2017

Santa Fe de Antioquia

Mercredi 1er novembre, je prends le bus (9000 COP) direction Santa Fe de Antioquia. Située à moins de deux heures de Medellin, cette ville pourrait être qualifiée de centre historique de la mégalopole. En effet, Medellin ne possède pas de centre historique car elle est plutôt récente. Santa Fe était alors la ville importante de l’époque coloniale. C’est assez petit et le tour du centre se fait rapidement. La place est en rénovation (depuis juin) et je pouvais voir que l’on changeait tout le dallage pour y avoir plutôt des carrés rouges (ouais, rappel de la brique de Medellin) que des rectangles gris.
Arrivé à 11h15, quinze minutes plus tard, j’ai déjà fait le tour. Mais que faire ?
La ville est située entre deux rivières, l’une est connue pour son pont suspendu, l’autre, celle qui jouxte Santa Fe, est connue pour… rien. Bon, vu que c’est vraiment à touche-touche selon les cartes, je vais aller voir.
La cathédrale basilique métropolitaine de la conception immaculée (il y avait moyen de faire plus long je suis sûr)

Autour de la place Simon Bolivar

Plazuelo et templo de mi Padre Jesus

La fontaine de la place Bolivar

La rivière qui borde Santa Fe


Cet ancien gîte est à vendre si vous voulez


Ne le faites que si vous êtes joueur. On pénètre dans la banlieue rurale du pueblo et je me suis demandé sur qui je pourrais bien tomber. Je trouve un petit chemin qui mène à la rivière, large et peu profonde, rocailleuse, marron. Les eaux locales ne poussent pas à la consommation à la source. Et même pas d’oiseaux qui pataugent. Cela m’a tout de même permis de voir qu’un projet de centre de vacances est en construction, sachant que j’ai déjà vu un truc similaire dans ma balade. Ça donne vraiment l’impression que Santa Fe va accueillir des gens aisés d’un côté en vacances alors que de l’autre côté de la rue (littéralement), ils auront face à eux des gens aux revenus plus que modestes.

Il ne me reste plus que ce pont suspendu à voir. Il se trouve à cinq kilomètres du centre-ville et les gens y vont traditionnellement en tuk-tuk. J’estimais que ça faisait trois bornes et j’y suis allé à pied. Ça m’a permis de parler avec un jeune colombien qui avait vécu à Sydney en coloc avec un parisien, de voir un oiseau nouveau et sur le retour, de parler vite fait avec des colombiens au milieu du trajet qui nettoie des graines dans un cours d’eau (tout aussi marron). Donc, là-dessus, c’était bien. Le chemin se fait bien, souvent ombragé, heureusement, et pas trop pentu.
J’arrive enfin au pont qui traverse el rio cauca et oui, ça a de l’allure. Surtout avec son arbre mort juste en-dessous. L’ouvrage a connu plusieurs rénovations dont une dernière en 2014 et il est vraiment très bien entretenu. La vue est superbe et une fois qu’on a bien profité du paysage, il ne reste plus qu’à rentrer.

Je quitte donc la ville à 16h en ayant fait une bonne marche au passage. Très satisfait d’avoir vu ce pont et ses alentours. La ville de Santa Fe ? Pfouu, je commence à en être soupé des places de village. Va me falloir un peu plus de verdure.

Une nouvelle coche mystère en 2017. En 2024, le mystère semble résolu, c'est le geai à poitrine noire Cyanocorax affinis

En haut du pont (là où je prends la photo ci-dessous et où quasi-personne ne s'arrête), on trouve un plan bien utile de la ville. C'est juste distant de 5 kilomètres, c'est tout

Le pont suspendu



Medellin

Medellin ! À prononcer « Médérine » sinon on ne te comprendra pas forcément. La ville est encaissée entre deux lignes de montagnes et paraît tout aussi immense que Bogota.
Mais ici, je trouve que cela grouille beaucoup plus de gens dans le centre que dans la capitale.
C’est la seule ville du pays à posséder le métro (et c’est bien pratique, 2300 COP le ticket) et cela permet d’avoir une très bonne première approche car il est aérien.
Summum, il est connecté à deux lignes téléphériques qui permettent, toujours avec ce même ticket, de voir la ville d’en haut.
De voir également les quartiers chauds, les quartiers chauds devenus tièdes (comuna 8, en cours), les quartiers chauds devenus chaleureux (comuna 13, très populaire ici comme symbole du renouveau).
De voir que Medellin pourrait s’appeler « la ville de briques » tellement cela domine. Ça forme quelque chose d’uni de loin mais de près, ça attriste surtout de voir que ces baraques de bric et de broc sont vétustes, sommaires, posées sur des flancs de montagne qui me renvoient à des images de coulées de boues et d’habitations emportées lors de grandes pluies (c’est pas très optimiste pour les gens qui y logent je sais mais ça me semble réaliste). Le Medellin que les transports en commun me font survoler ne me fait pas décoller.




L'église du parque Bolivar 
Parque Bolivar


Plaza Botero


Il pleuvait donc les photos ne sont pas terribles.

 


Son centre, avec la plaza Botero. La place a une vingtaine statues de l’artiste et cinq fois plus de vendeurs, racoleurs, etc qui surchargent le lieu. J’y ai vu un peu de tout dont de l’improbable aux abords de cette place. Près du Palacio cultural (situé sur la place), un étrange manège d’hommes debout (une quarantaine) à attendre je ne sais quoi, à parler ensemble par petits groupes, comme des revendeurs entre eux sauf que je ne voyais rien (très très bizarre), un homme faisant une démonstration avec une croix au sol et des « bijoux grigris » de je ne sais quoi (bon, je me doute que c’est religieux) à une foule attentive. Même endroit le lendemain, c’est cette fois un vendeur d’escargots géants qui les baladent sur du papier journal et un matelas de laitue.
Et de l’autre côté de la place, au niveau du musée Antioquia, ça m’a tout l’air d’être des prostitués qui se postent patiemment contre les murs, en toute heure. Sympa l’ambiance, très hétéroclite.

Cela me permet de transiter sur le musée. Il regroupe 120 œuvres de Botero (il a quasiment tout donné) et depuis peu, 58 œuvres se sont ajoutées dans le cadre d’une expo sur Jésus.
Sinon, on retrouve une galerie d’artistes contemporains (que des trucs qui appartenaient à Botero et qu’il a donné) et deux-trois autres salles dont une sympathique sur l’artisanat colombien et la fabrication de quatre types d’objets (terre cuite céramiques ou métal).
Le musée m’a bien plu et j’y ai passé 2 bonnes heures (18 000 COP l’entrée).
J’ai également visité le musée de la mémoire, entrée gratuite, qui narre l’histoire récente de Medellin et des conflits qu’elle a connu. Très belle muséographie moderne qui rend bien l’atmosphère sombre des dernières décennies même s’il est dur de tout comprendre. Il y a même quelques textes en français.

Un texte au début du musée de la mémoire. C'est très littéraire.

Une pièce où sont représentés les personnes disparues. Très sobre et efficace

Tiens, un rapace. Je crois que c'est encore une buse à gros bec Rupornis magnirostri.

Palacio cultural

Dans le musée Antioquia, on retrouve un tableau de Rome par Raymond Mason. Mais si ! A Bogota déjà, il y était avec un tableau de Paris. ça doit être un bon pote à Botero

Des pinceaux par centaines

La femme colombienne, un tableau célèbre du peintre

La mort de Pablo Escobar

Il aime la tauromachie on dirait (bon, il a failli être matador aussi).


Art contemporain

De près, ce sont des petits bonhommes.



Et une oeuvre contemporaine pour finir. Jeu de lumière intéressant.
À l’hôtel, on m’a déconseillé d’aller au parc Bolivar. J’y suis allé. Bon, c’est vrai que ce n’est pas fantastique. Ce serait un bon coin pour se faire voler. De jour, on y croise de tout (un bon coin de retraités aussi qui viennent se poser sur les bancs et papoter) mais à éviter la nuit.
On m’a aussi déconseillé un autre parc mais je ne sais plus lequel c’est (San Antonio ou Libertad) car il est fréquenté par les afro-colombiens et la nuit, surtout pas ou alors seulement si t’es noir.
Ceci m’a d’ailleurs amené à avoir cette pensée :
Les noirs sont là !
Rien de péjoratif mais je m’explique. Avec les matchs de foot de la sélection nationale début octobre, je remarquais que l’équipe comprenait beaucoup de colombiens d’origine africaine. Pourtant, dans les rues de Bogota, et le reste du pays aussi, les noirs se faisaient très rares.
Par contre, à Medellin, ils sont très présents, la mixité est là. Reste maintenant à mieux connaître l’histoire du pays pour savoir pour connaître cette répartition inégale.

Sinon, à Medellin, il y a plein de choses à visiter comme le parque Avi, le pueblito paiso, el poblado (là où dorment tous les touristes étrangers) ou encore le jardin botanique mais je ne sais pas, je n’ai pas vraiment envie de traîner dans cette ville. Un peu marre en fait.

J’ai plus envie de traîner dans la campagne et la nature.

Il y a un truc que je ne supporte plus trop non plus, c’est l’odeur de leur boulangerie. Ils utilisent un  fromage ou un type de farine qui me répugne. J’ai mangé un pain au fromage qui avait cette odeur à Mompox et depuis c’est ancré. Je trouve ça désagréable. Même dans un petit pain de base acheté hier, je retrouvais cette odeur.